Peu de gens ont expérimenté la vraie dépression. La dépression véritable n'arrive qu'à ceux qui ont tout. Si il y a une raison ( affaire de cœur ou d'argent par exemple) ça n'est pas de la dépression, c'est de la frustration, de la colère , ce que vous voulez mais ça n'est pas la vraie dépression. 

Au moment où j'écris ces lignes, à ce moment précis où vous me lisez, je ne pense qu'à travers un prisme morbide. Peut-être que , quand vous observez ma vie,  vous estimez que je suis gâté : vous avez raison. Mais ...

Je joue aux billes avec la Mort. Et quand on joue aux billes, on triche. On ment. On n'est pas honnête envers les autres. Moi, je ne suis pas honnête avec la Mort. Je la sens omniprésente, elle transpire de mon cerveau gris. Vous n'avez jamais pensé qu'un cerveau ressemble à un nuage ? Il fait mauvais temps dans l'organe principal de mon corps. Et quand tombe la pluie, les yeux ont du mal à la retenir. 

À la TV dont j'ai éteins le son il y a des affreuses femmes qui font du rugby. C'est très drôle quand les gens me disent que je devrais être édité. Moi je leur demande de séduire miss monde. Nous vivons une époque sans talent. 

Comme tous les galériens de la génération X, je savais que la vie ne serait pas une partie de plaisir : on trouvait des nouvelles maladies. Le vice était élevé au rang de vertu sur grand écran. Tout était une affaire de masturbation. reste "safe",petit .... Nous sommes les fruits pourris de l'arbre de vie des soixante-huitards. 
Je constate que je saute dans le vide. Je décide de mourir car écrire ne me dit plus rien.  


Une heure a passé sans que je m'en rende compte 
Et maintenant ces sommeils qu'il faut respecter ! 
J'ai tourné dans mon lit la bouche desséchée 
En me posant soudain la question qui m'encombre :

Que s'est-il passé durant toutes ces années ?

Ai-je été libre ou bien manipulé ?
Les personnes en qui j'ai mis ma confiance m'ont-elles trompé? 
Où était la violence ? Dites-moi de quel côté ?
Ai-je eu raison ? Avais-je vraiment le choix des armes?
Contre la violence de partout déchargée... Sur moi et mon triste destin
Aura-t'il été pour le diable un si délicat festin?
Aurai-je écrit pour être lu par des sadiques exaltés 
A la lecture de mes mots désespérés?

Je te méprise, lecteur, encore plus que je me déteste moi-même....
Sache-le, ta satisfaction n'est pas mon moteur 
Et si mes crises de haine sur toi se déchargent 
C'est que tu l'auras cherché 

Personne au monde ne saura donc jamais 
Que c'est au prix du sang comprimé et des larmes enfouies
Que ces " belles couleurs " qui charment tes yeux 
Je voudrais qu'elles les crève : foutue créature de Dieu !!

Personne au monde n'admire le courage
De celui-ci qui, ravalant sa rage 
A la politesse d'en faire quelque chose d'esthétique 
Là où toi tu ne penses qu'à ton putain de bordel de fric...

Tu es hideux, tu es laid et tu souffres 
Et de ton âme tourmentée 
Par quelques dessins dont le dessein sont des seins que tu tètes 
Et dont le laid est un poison qui te monte à la tête 

Tu vas mourir et tu le sais, je serai, sois-en sûr, toujours là pour te le rappeler 
Alors comme ça tu veux jouer ?
Au plus morbide tu as déjà perdu
Tu peux parer de belles plumes ton horrible cul

Et tu n'en seras que plus ridicule, moche et sans vertu
Là où moi, crucifié aux yeux du monde
Sans jamais chercher à me détourner 
Je recevrai ton regard
Étonné ...


La fille est là. Du sang coule de sesjoues déchiquetées. Elle veut m'embrasser.  Je ne la rejette pas. Je n'ose pas lui faire de peine, de toute façon elle est " ailleurs".... Je découvre qu'elle a aussi taillé dans ses bras avecla lame... 
Ne vous inquiétez pas, tout est normal : nous sommes dans une clinique psychiatrique. Et les gens vont mal. C'est comme ça. L'heure du dîner approche. 
On mange bien. Mes amis sont là. Surtout David. Le petit gitan de 19 ans. Il est là pour alcoolisme. La dernière fois que je l'ai vu boire c'était au goulot. Il biberonnait sa vodka comme de l'eau de source. Il est très rigolo. On fait tout le temps les cons. Il a l'air heureux.  Enfin, pas tout le temps : quand il a bu seulement. 
Il y a la grosse qui a été violée à 14 ans par son frère. Elle gère mal ce soir. Ça la prend des fois. On l'aide à pleurer. Ça fait du bien il paraît.  

Moi j'ai commencé à 17 ans par un internement. J'ai tout inventé pour me faire interner. Ils m'ont filé un papier avec des questions. J'ai répondu n'importe quoi. Exprès. Ils ont dit : schizophrène. J'en ai chié après. 

Quand vous voyez un psychiatre en milieu hospitalier , vous n'avez pas affaire à un simple médecin : vous avez face à vous un dieu qui a tous les droits sur vous. Et il le sait. Moi aussi : une fois j'ai dû montrer mon sexe à une vingtaine d'étudiants. J'avais attrapé une saloperie sous les douches et l'interne n'avait pas jugé bon de les faire sortir. Il y avait des filles. J'étais stressé et mon sexe était petit ce jour là. 

Jamais mes parents et amis n'ont su ce qui se passait derrière ces barreaux. Il y a toujours des barreaux ou des fenêtres condamnées, pour éviter les suicides. Moi j'en ai vu des suicides. Là où on m'appelait "le camé". À cause de mon traitement incroyablement lourd : j'avais beau avoir 17 ans, mes cachets étaient si forts que les médecins m'avaient prescrit un traitement contre un éventuel arrêt cardiaque. 

A l'époque on " chargeait" à mort les malades. J'étais obsédé par le sida. Un simple point rouge tracé au stylo me foutait en panique : et si c'était du sang ??
Mon père m'a fait sortir au bout de cinq mois. Ils voulaient me faire des électrochocs... 

Enfermé dans un couloir, le temps est long... Certains jouaient sur un très vieux Scrabble. Il devait manquer des lettres. Moi j'avais des " impatiences". C'est classique comme effet secondaire. Je bougeait les jambes nerveusement en relisant le même vieux figaro magazine. Depuis des mois. Tous les jours. Parfois il y avait du sang le matin sous la porte de ma voisine qui se tranchait les veines régulièrement mais qui s'y prenait mal. Il y a une technique. Je ne vous la donnerai pas. 
Elle gardait ses médicaments pour les sniffer. Ça aussi c'était interdit. 
Les camisoles chimiques me bloquaient les mains. Et sous la douche c'était pas pratique...

À 19 ans, je me défonçais aux médicaments, en automédication . Pour tenir face à une situation familiale difficile pour tout le monde d'ailleurs.  Je pensais que ce n'était pas dangereux ... J'ai pris de gros risques en fait. Quand on se drogue, peu importe la substance, on a un état d'esprit caractéristique : on ne pense jamais à l'avenir. À part avoir sa dose dans une heure on se fout de tout. On ne s'imagine pas dans dix ans. Moi, ma came, c'était les benzodiazepines. Vers la fin, au bout d'un an, quand j'ai commencé à délirer et que mes parents m'ont accompagné chez un spécialiste des addictions, j'étais depuis longtemps à cinquante cachets par jours. Il m'a mis en sevrage en urgence dans un lieu spécialisé. Une heure après l'avoir vu j'étais dans ma chambre d'hôpital. Un peu en manque. Puis j'ai commencé à voir des choses très étranges : une tête poussait sur le genou de l'infirmer qui me surveillait. Puis j'ai vu la trinité. On m'a remis un talisman. Je l'ai retrouvé le lendemain : c'était le bouchon du lavabo. 

Cette fille qui tambourine à ma porte à trois heures du matin. Il va bien falloir que je lui ouvre... " attends ! Tu fais chier ..." J'ai la voix pâteuse avec tout ce que je me suis envoyé comme cachets avant de m'effondrer. Les voisins gueulent déjà.  C'est bon, je lui ouvre, comme souvent, comme trop souvent...
Elle s'est fait belle. Et dans son genre elle n'est pas mal : un côté mystérieux, mais au fond je sais que c'est une traînée. 
La première fois que je l'ai vue, dans cette prépa des Beaux-Arts, je suis même tombé un peu amoureux : dans mon esprit c'était une sorte de princesse égyptienne ... Elle m'a fait un sale coup : on était devenu copains et un soir elle m'a avoué au creux de l'oreille qu'elle voulait que je sois son premier. Il y a des privilèges qui ne se refusent pas !
Depuis elle ne me lâche plus. 
Il va bien falloir que je m'en débarrasse un jour. 
Je lui ouvre. Elle est très excitée et commence à chercher à m'exciter aussi. Elle dégraphe son soutien-gorge et me met ses seins sous le nez. 
Ok. 
C'est parti : je la prend à même le sol et ça semble lui convenir. 
" casse-toi"
Elle continue, elle me dit que non, qu'elle veut dormir avec moi, qu'elle ne comprend pas pourquoi je ne l'embrasse jamais....
" reste alors, mais laisse moi dormir"
Je suis fatigué. Son corps me gêne dans le lit une place. 
Il faudra bien que je finisse par m'en débarrasser. 
Mais un autre jour...

L'imbécile heureux....

On a longtemps chanté avec humour
L'imbécile heureux 
Il était bête et riait pour un rien 
Comme un bouddha joyeux 

Mais les temps ont changé et sont devenus durs
On se jauge, on se juge et s'adresse mutuellement 
Des mises en garde qui ne sont pas des compliments 
Sous prétexte de prendre soin de la santé de l'autre
On projette sur lui ses propres angoisses 
Le plus nul d'entre tous y passe même tout son temps 

"Tu es gros, paresseux, tu fumes tu bois tu manges...
Ah non, décidément, tu n'es pas un ange !"
Et les autres, ces démons qui te piquent de leurs fourches,
Te rappellent sans cesse que le pire des péchés 
Et d'assumer de ne pas être 
Sur du papier....Glacé....

L'imbécile malheureux, c'est lui, c'est eux, c'est toi...
Il se croit très malin d'avoir de belles citations !
De ces nouveaux messies, qui donnent des leçons...
Comme si on les avait attendus !
Pour nous indiquer le chemin du paradis !
Leur sagesse est à vendre... est-ce là la Sainteté ?
Ils remplissent leurs poches grâce à notre anxiété 

Même quand, lassé par tant de vexations,
Tu veux te libérer de cette aliénation 
Il sont encore là, dans ta tête, et te soufflent par derrière 
Comment faire.... 

Tu crois te rebeller mais tu n'as pas compris 
Qu'à toutes les époques les plus beaux esprits 
Sont de ceux qui n'ont jamais écouté personne
Et sont resté des imbéciles heureux, jusqu'à ce que l'Heure sonne

Puisse ce poème léger t'aider à être un peu tranquille : 
Il a été écrit par un imbécile 
Qui, arrachant ses chaînes,
Retourne à sa nature et redevient lui-même !
 

Le garçon est là, se trouvant soudain femme
Un jour l'un, un jour l'autre il ne sait plus où il en est
Il cogne sur ma porte en hurlant
" prends moi ! " je sais c'est infâme 
Je le repousse violemment , le frappe, le cogne, mais rien n'y fait : même dans le sang, il ne songe qu'à son forfait 

Il a été en prison. Peut-être a-t'il subit certaines choses
Ce qui est sûr c'est que ça l'a détruit. 
Mais je n'ai pas pitié de lui

On croise de drôles de gens en hôpital psychiatrique 
Ce porc immonde qui veut ma trique
N'aura rien

Je vous jure que dans des moments pareils
On n'est pas dérangé que dans son sommeil 
On a envie de vivre au calme et de rentrer
Chez soi...

Il cogne la porte et je détruis son visage
Tant pis pour lui
Il n'avait qu'à être sage....

Putain de salope
Dieu
Tu me fais même plus souffrir 
Tu n'existe pas
Et c'est dommage car j'aimerais te casser la gueule 
TU DÉTESTES LES HUMAINS !!!
Personne ne croit en toi que pour l'honneur de sa petite bite
Ne te fais pas d'illusions 
CECI N'EST PAS UN POÈME !!!
C'est juste pour le plaisir 
De te dire
Que je ne Te crains pas
Viens te battre espèce de lâche 
Tu Te caches parce-que tu as peur...
Tu veux me terrasser ?
Vas-y
Je n'attend que ça 
DÉTRUIS MOI !!!
Se suicider est la seule solution 
Quand on a l'esprit d'un Dieu
Dans un petit corps d'homme 
Tu m'as fait à ton image : nul, lâche, totalement dépourvu de compassion 
Et fasciné par le vice
Je suis un monstre ? Non, je suis Chipounet
Je suis mignon dans le bac à jouets
Innocent 
Comme l'agneau 
Et là arrive Allah le miséricordieux 
Il va me trancher le cou
Pour que les mahométans puissent célébrer 
Fêter 
Toi, tu te veux différent : 
Tu dis me laisser mon libre arbitre 
À condition d'aller à ta putain de messe
À condition de te craindre 
À condition d'obéir à tes commandements 
C'est cela que tu appelles " libre arbitre "???
Les africains sont des cons !!
Ils te vénèrent, alors que leurs dieux étaient logiques 
Et puis c'était les leurs...
Toi tu castres tes curés 
Au point d'en faire des pédophiles
Ah non ! Les juifs ne valent pas mieux 
Les juifs sont à ton image 
Minables, arrogants et jaloux
Qu'est-ce que j'en ai à foutre que les humains se massacrent 
Et qu'est-ce que j'en ai à foutre de ce qu'on pense ?
666 et en route pour la joie
Celle-là elle est pour toi 
Marie-Madeleine est ma sainte préférée
Parce-que je peux la bourrer

Je sens l'effet du blasphème en intraveineuse faire son effet 

C'est la panique des anciens 
La grande panique du Dieu Pan
Ce soir on fête ta Mort
Et pas besoin de résurrection !....
Quand Dieu meurt les humains sont peinards
On peut s'envisager on peut s'entendre 
On peut sodomiser sans honte
Son prochain sans lui demander son avis
La prison pour tous si on Te désole...?
Mais...serais-Tu si fragile ?
Je vais pas me faire des amis avec ce que j'écris 
REGARDEZ !!! REGARDEZ!!! : C'EST LA GRANDE MANIE....
Ah ouais ça vous gêne un peu...
Mais au moins je suis libre, moi !
Puisque je n'ai plus peur de rien ...
Plus rien que des objet
Le sex toy dans le calice

666
Et en route pour la joie 
Vous souffrez tous de toute façon....
Dieu est un con
Quand à la vie éternelle,
Je lui en fais cadeau 

La haine. On l'a vue dans les camps de concentration. Innommable. On l'a vue lors du génocide des amérindiens. Où étaient les vrais sauvages ? On l'a vue pour l'esclavage puis la ségrégation des noirs.  Qui étaient les plus " humains"? On l'a vue à Gaza et on la voit en France avec le Front National. Avec les antisémites et ceux, inconscients au possible, qui créent cet antisémitisme en faisant tout pour faire détester leurs frères. On a pas fini de la voir, la haine. Si tu es humaniste et non-violent. Quoi ou qui que tu sois.  Mets ça sur ton mur. Moi je n'y crois plus...