L'art ne fait que des vers, le cœur seul est poète. André CHÉNIER, Élégies, 1794.




Vivre debout, dormir assis


Vivre ensemble le drame de la vie
Et se tenir la main quand ce drame se finit 
Par le ciel, le soleil frappe, insolent
Moi je n'y ai pas droit. Indolent 

Prends la pilule et vas dormir 
Tu déranges les honnêtes  gens

Peut-être une seconde frappe ton cou endolori 
Tu as dormi assis 
Dormi assez aussi
Pourtant c'est de nouveau la pilule 
Qui a le dessus  

Pilule sur pilule pile de médicaments 
Hulule et mord et hurle à tous les vents
La bête fatiguée sait qu'elle va mourir
Que tout ça n'est qu'une question de temps 

Alors avale 

Que je trouve le temps long
À regarder des photos de toi
Pendant que tu regardes des photos de moi
Assise sur le canapé froid

Plus de petits secrets, plus de belles promesses 
Le téléphone ne relie même plus nos cerveaux 

Que je trouve le temps lourd
Et lointain le temps des amours 
Tes photos sont retouchées dans l'écran trop dur
Ton regard même a revêtu une armure 

Si lointaine est ta main, sur le canapé froid
Plus le temps des amours s'éloigne et plus il laisse entre nous 
Ce vide
Nous sommes devenus deux scaphandres 
Livides et raides
La tête penchée 
Sur la pomme 
Toujours plus mûre 
Prête à tomber 

Quarantaine... N'aimes-tu point celui que j'ai été ?
Quand la rage et la haine de quarante étés
Se déposent comme on dépose aux pieds d'un ennemi vainqueur 
Armes usées, destrier fatigué et palefroi courbé
Sans pudeur, 
Sonné par le glaive et comme hébété d'avoir déjà perdu

Le temps des merveilles et des tortures ne sera plus 
Quoiqu'en disent les vieillards, incrédules
Refusant de reconnaître que leur passage sur une terre funambule 
Fut ridicule
Fut inutile 
Et sera oublié 
À la dernière pelletée 

Elle est suave la morsure du temps 
Qui te mord le bras avidement 
Tel un vampire assoiffé de sang 
Laissant cette impression 
mi-blessure, mi-baiser
Que seul les vampires savent donner
     
Plus besoin de combats, maintenant 
Au moins n'aurais-je pas donné mon souffle 
A un être de chair et de sang
Qui n'aurait su que souffrir, puisque me ressemblant
Et n'aurait su quoi dire, à la moitié de sa vie
Trop vieux pour pleurer et trop jeune encor
Pour hocher la tête sagement 
Devant la courbure inéluctable du temps...


Je trouve refuge dans un air triste
Sorti de je ne sais quel instrument mort
On l'a trop soufflé ce saxophone 
Il manque d'air
Et puis de toute façon personne ne veut plus de lui
Il se rappelle le temps des garages et des premiers beatniks 
C'est pour ça qu'il est rouillé : les larmes sont amères 
Son temps est révolu 

Tel l'instrument délaissé,
Je sais l'urgence du trépas 
Mes larmes m'ont abîmé la peau
Et les choses d'aujourd'hui sont laides et tristes
Putain que j'ai été heureux !
Ça reste comme une plaie des trucs comme ça 
On voudrait que ça ne s'arrête jamais 
Mais, tranquille, c'est la douleur qui persiste 
Constante angoisse de l'âme 
Deux couteaux sur mes veines encrassées 


En une seconde...

Souvent, quand la solitude m'entoure de son bras, assurant ma sécurité,
Je pense à toutes les souffrances dont est victime l'Humanité
Combien de drames en une seconde 
Sur l'ensemble de la planète, y as-tu déjà pensé ?

Combien de morts en une seconde ? Qui est actuellement torturé ? En une seconde ? 
Y as-tu déjà pensé ?

Ressens-tu les milliers de couteaux qui entrent dans des ventres au nom de je-ne-sais quelle liberté ? Combien de coups de feux tirés ?
Combien d'hommes détruits ? Combien de filles violées ? En une seconde ? Y as-tu pensé ?

Et cette seconde sera suivie d'une autre. Millions de pleurs, de faims, d'excision sur des enfants hébétés ? Combien d'hommes émasculés ? Y as-tu déjà pensé ? Combien de victimes de mafieux au fond d'une cave spécialement équipée pour les faire parler ?

Y as-tu seulement pensé ....
Et encore une seconde...
pleine de sang écoulée ...
Il n'est de pire cauchemar 
Que celui que j'ai fait :
Mille voix s'élevaient en un hurlement soudain
Mille voix s'éteignaient dans un silence sourd
La bête imitait Gene Kelly

Mais de pluie, point. 
Millions de témoins 
Tuerie. Bien
Beaucoup de chagrin

Il monte, il descend puis remonte encore
Comme, sorti d'une boîte, un diable à ressort 
Mais point de jeu, point de ris, rien que du macabre
Qui, dès l'instant enfui, me frappe et m'accable

Maintenant, jour de fête : les clowns sont cadrés 
Font leur numéro, zélés comme ils peuvent
Quand l'électorat, encore martelé,
A raison de les siffler. 
Et le sang, à gros bouillons, continue de se rapprocher

Personne ne sait lire mes yeux
Il y a tellement mieux
Comme je les vois...: ces statues
Géantes...
S'effriter par petits bouts 
Et tomber dans le verre d'eau bénite 
Soudain si trouble
Allka Seltzer de ma psyché ...

Femme tu es bien absente
Mère tu es bien dure
Père trop proche de la mort
Tant tu es loin des réalités 
Du sort

Alea jacta est
Puisqu'il faut s'imaginer guéri 
Fils prodigue remerciant ses parents
Et construisant grâce à eux une nouvelle vie
Un instant : est-ce moi qui délire ?
J'avoue que j'en viens à me poser la question...

Alors, bien sûr il y a ceux qui croient que je me plains 
Comme ça. Gratuitement. 
Pour faire mon intéressant
Mais quand tu as perdu jusqu'à la mémoire de ton dernier repas....
Que te reste-t-il ? Dis-moi 

Même pas un être vivant

Même un chien ne voudrait pas de moi pour maître 

J'espère juste disparaître

Les sables émouvants
M'ont pris dans leurs seins
Millions de petites mamelles
Maternelles
Qui frémissent quand on les effleure

Je n'ose pas trop me débattre car
Le spasme ainsi créé dépasserait l'orgasme
Et tuerait la bête d'insupportable volupté 

Il est plus doux de s'y enfoncer 
Sentant venir la fin
Proche
Que de s'y arracher 

Amer est cet instant
Qui t'a donné la vie
Ça n'arrive que deux fois par an
Et ils sont bien gentils

Les phrases sortent difficilement de la tête 
Bientôt engloutie
Deux mains dépassent encore
Pour écrire 
Contre l'oubli

Et cette ultime décadence 
Tsunami : la mer qui te recouvre
Et brusquement t'arrache à la vie
C'est enfin le moment
Je suis prêt... Allons y !


Guitares explosées contre les murs d'enceintes
Seringue dans le bras, sang qui coule, sang qui jouit
Sang dessus dessous, shoot à la saignée 
Folie incontrôlable des sens
Adolescence....

Désir de fuite, passion de liberté 
Seul ou accompagné 
Courir sur les chemins, attraper les trains
Et retomber, s'écorcher les mains
Pour mieux brûler, s'enduire le corps d'essence 
Adolescence....

Embrasser mille bouches sucrées 
Vivre des premières fois mille fois fantasmées.  
Coucher et coucher et coucher encore, entouré de jeunes corps 
Ne pas appeler ça décadence 
Adolescence ...

Secouer sa tête chargée de cheveux longs
Ne pas savoir si l'on est une fille ou un garçon 
Tant de questions, de torture, de rébellion 
Sauter comme un sauvage sur des rythmes incompris des parents
Puis retomber sur un élégant pas de danse
Adolescence ...

L'âge ardu de la sagesse
Viendra bien assez tôt 
Les bras chargés des larmes de la vie
Et ma tristesse infinie 
Sonde ma mémoire, fouille des deux mains mes souvenirs enfouis 
Pour revivre ce temps, déstructurant mon esprit
Et les mille violences
Trois fois bénies 
De ma jeunesse enfuie

Explose !
Maintenant ... !
Je regarde l'étoile que l'on nomme prétentieusement "Le Soleil"
Ma prière brûle en même temps que ma cornée 
Rien ne se passe
Et je suis allongé en équilibre sur cette pointe qui ne veut pas m'empaler 
Et j'enrage et je prie et je dis des choses pas bien à Dieu 
Je n'ai pas peur
Je n'ai pas de vie. Je suis un mort-vivant. 
En équilibre sur ma pointe j'ai l'air de quoi ?
Un clown délicieux au goût de fraise des bois
Un bonbon que l'on recrache, trouvant le goût déplaisant 
L'un et l'autre à la fois en fait
Pourquoi m'oblige-t'on à vivre
Je ne veux pas 
Donnez ma place à un pauvre

Ils sont nombreux, ils sont des milliers,
Les vendeurs d'espoirs brisés 
Ils courent les rues à la recherche 
D'un hurluberlu 

Ils le prennent par des caresses 
Puis le retournent et le cassent
Sans espoir 

Cette vie n'est pas la meilleure 
Non
Juste ce que j'ai pu faire de mieux 

Les aguicheuses sont nombreuses
À faire croire à une vie plus douce 
Elles croquent sous la dent et leur amour se brise 
Comme il est arrivé 

Moi je suis détesté toujours par les mêmes 
Personnes....
C'est pas glorieux, je sais, mais il y en a partout
Des vendeurs d'espoirs brisés
Et la petite vendeuse 
Est bien maquillée....



Je suis comme tu m'as fait
Pas comme tu m'as voulu
Sensible comme une peau
Nerveux comme un essaim

Je suis fait du cristal
Le plus pur, qui fait mal
Quand il casse entre tes doigts
Laissant apparaître le sang carmin

Je me détruis et j'ai déjà mal
Comme si j'étais souffrant
La mort se rappelle à moi
Et la vie s'en défend 

Désobéissance et distance sont mes seuls records
Je n'aime pas ma forme 
Et mon esprit se déforme 
À force d'être frappé par la Maladie

Toi qui m'agresse, sais-tu que tu t'adresses
À un pauvre esprit fatigué ?
Libéré du sens de l'honneur 
Je suis le vieillard qui va bientôt trépasser. 

Pareil à ces lueurs, ces leurres qu'on écoute nous guider
Qu'est-ce qu'ils chantent mal ces négriers !
Il fouettent sans pitié 
Et je n'aime pas les blancs

Essaye de cesser de juger
Tu n'es pas si intelligent ...

Viens
Je t'emmène 
Dans ma chute
Nous sommes forts mais personne ne le sait
Bientôt mort, je serai en paix
La drogue, je connais
Constamment défoncé
Tu sais pourquoi ? Pour ne pas déranger 
On ferait mieux de me tuer
Moi je préfèrerais 
Rien à dire. Rien à foutre. 
Votre monde s'écroule à mesure que mon sang lourd
Coagule dans mes veines
Toujours déchiré. Jamais propre. Je pue
Toujours violent. Sans espoir. Je tue 
La main que l'on me tend, je la mords à mort jusqu'au sang avec mes dents 
Que veux-tu ?
On est tous différents 
Mais tu ne veux pas le savoir....
Ta vie est sans intérêt 
La mienne a de la gueule


Folie, qui est-tu ? En mon esprit venue
Pourquoi ai-je désiré, romantique éperdu 
T'avoir auprès de moi, en mes vertes années 
Sans jamais, non jamais t'avoir trompée 

Tu es restée, morbide, dans le trou calciné
Qu'avait fait dans ma tête un pistolet de papier
Écrire ce n'est pas tout, il faut vouloir aussi 
Et alors, près de toi, je me suis assoupi 

Tirés de ma plume, les vers à l'encre fraîche 
Avaient l'aspect aimable des caprices de jeunesse 
Mais quand l'oiseau pourrit, perd sa délicatesse 
La plume évanouie devient une diablesse 

Et alors plus besoin de papier
Mon esprit, seul, de Toi est imprimé 
Les rythmes sans logique, les étranges mélopées 
Tambourinent un piano déjà désaccordé 
L'Enfer de cette vie devient trop torturé
Et puis le Paradis, je ne sais où il est
Je marche dans la neige, par le vent tourmenté
Des pièges se referment sur mes moignons gelés 
Toute ma peau se décolle sous la morsure du froid 
Et je n'ai nulle canne pour tenir mon pas

Dans le vide de la nuit je tends mon escarcelle 
Et de mes yeux crevés je vois le sombre destin
Qui m'attend, Dieu sait où ? Pour sceller le contrat
Qui, Belzébuth, me lie encore à  toi....

Dieu m'est témoin, si j'avais su que j'invitais le diable
J'aurais peut-être été un peu plus raisonnable....

Mais un adolescent veut toujours plus que Dieu
Et le diable, à l'affût, va lui promettre mieux
Sachant mieux que quiconque troubler les esprits purs
Il trouvera toujours la faiblesse de l'armure 
Et prendra avec lui un jeune homme maudit
Lui interdisant alors tous les paradis 

La jeune fille morte s'approche de moi
Les bras jonchés de vieilles fleurs d'automne 
Longues, tirant sur les tiges de leurs pétales essoufflés 
Trop lourds à porter. 

J'aime, je l'avoue, cette ambiance malsaine 
Où de ma vie se joue la scène 
Séduisante au possible. Je suis ivre de cruauté 
Quand sort de moi la bête effarée ....

Allons enfants bien mal partis,
En ce jour du Jugement Dernier
Vos larmes, pauvres gamins 
Alimentent mon chagrin

Pas de Justice en notre pauvre vieille Terre
Partout des regards en arrière 
Nous rétrovisons mais ne tirons aucun coup
Les bouches gourmandes ont les genoux écorchés 

Adieu l'ami, toi qui me lis, si tu crois que ça me rend heureux 
Tu n'as pas entièrement tort....


Le chef

Contemplatif de sa propre destruction 
L'étron 
Court d'un étage à l'autre
À la recherche d'un apôtre 

Personne ne l'a vue venir
Cette vermine assoiffée de Venin
Qui exhale l'odeur typique 
Des plus chers parfums 

Oui ! Cette horreur sans pareille te ressemble 
Toi qui tremble de l'intérieur 
Tout en affichant une tenue impeccable 
Tu es des plus respectables
Avec ton haleine de chien...

Exécrable comme un petit banquier 
Tout laid
Tu t'assois sur un monceau d'immondices 
Pour jouer les prédicateurs de l'indice 

Il est une époque où les hommes se sont tus
Appelant cela Vertu
Aujourd'hui le peuple est dans la rue
Et va forcer la porte blindée, constipée
De ton Cul....

De toute façon tu es fait 
Il est trop tard pour pleurer  

Blanche

Il est des moments, comme ce matin 
D'extases 
Il est des instants, tenant dans la main
Sûre et tendre
D'un amour parfaitement adapté 
Au détour d'une nuit fatiguée
Nul sommeil n'est venu l'entacher
La personne, au réveil, doit prendre son service 
L'anarchiste, ce rêveur, n'a même pas fait la vaisselle 
Alors pourquoi changer de chanson ?
Quand celle-ci, qui déchire mon tympan en douceur 
Me serre dans la tiédeur de ses bras
Telle une sœur que je n'ai pas
Sainte suintant de cataclysmes légers 
Comme de petits tremblements
D'éther 
Me monte à l'âme la musique du serveur 
Quelque part sur l'ordinateur 
Jusqu'à la pénétration de lames 
Lames
Haine
Amen

La coquille vide de l'escargot

Il y a une jouissance particulière
À voir les grimaces sur les visages déformés 
Par les coups et mes hurlements soudains
Vont bien dans le sens du destin 

Toujours plus bas, en profondeur 
Dans les méandres exquis 
De la mauvaise vie 
C'est dans le lit que naît la vie 
C'est dans le lit qu'elle finit 

C'est dans le lit aussi 
Que disparaît la souffrance 
Pour laisser place au délire 
De la nuit 

Exsangue sont les lèvres 
De la morte reposée 
Elle qui a tant souffert 
Va dormir aux enfers

Non
Ce n'est jamais fini
Les esprits volent et violent des corps 
Qui deviennent leurs abris 

Les esprits sont des mollusques 
À la recherche d'une carapace 
Personne ne peut 
Les aider.....

Le cœur violet


Il est de ces filles dont on se souvient 
Les larmes à la main 
Les larmes en plein cœur 
Et que l'on retrouve dans le sommeil 
Serein 

Chacun va au port des larmes 
Où accostent les vaisseaux sanguins 
Pour décharger leur trop-plein 
Après avoir traversé l'océan des pleurs 

Mais après avoir coulé en cascade
La source des yeux s'est tarie 
Le cœur seul se souvient 

Et l'âme apaisée, l'homme,
Se dit qu'il a enfin trouvé 
Son chemin...

Tout regard en arrière est inutile 
L'époque des joies faciles
Est révolue. 

Tu l'as compris : je suis heureux 

Même s'il arrive parfois que je repense 
Aux violences d'un cœur amoureux...


La pesée de l'esprit

Je suis un poids pour elle 
Elle est ma honte
De géant mes ailes 
M'empêchent de marcher
Elle y essuie ses grosses 
chaussures 
C'est laid...

Je suis un poids pour elle 
Un tyran fatigué 
Qui balance pèle mêle 
Ses sentiments usés. 

Mes souliers de dentelle 
Sous mes ongles rentrés 
Laissent passer celles
Que j'aurais méritées 

Il n'y a pas de temps 
Il y avait les années 
Aujourd'hui plus qu'avant 
Le passé empesé....

Je chante une ritournelle 
Un rituel fatigué
Sans voix la vie si belle 
Me refuse un baiser. 

Je suis un poids pour elle 
Elle me le fait payer....

Freaks

Nous sommes les monstres. 
Des appétits auxquels vous n'entendez rien
Grossissent nos ventres laids. Honteux que nous sommes 
Nous mourrons vite, mais 
Nos vies vous aveuglent comme un éclair méchant 
Quand la gorge siffle d'avoir trop fumé 
Quand le corps trop repu devient laid 
Pesant plus de cent, poids des années 
Alors la plume chatouille nos cervelles malades
Et nous hurlons de nos bics usés
Sur du papier de cabinets
Des fleurs mauvaises, malodorantes. Mais attirantes comme le suicide
Le miroir est l'ennemi du vampire 
Mais, n'ayant personne à se mettre sous la dent,
Nous errons sans vergogne, morts-vivants,
Le tombeau est le seul lit que nous connaissons 
Car nos matelas sont agités 
De rêves mauvais

Nous sommes les monstres...
Et ça nous plait

En m'arrachant les yeux

Je n'aurais pas aimé avoir les yeux bleus. 
Mon regard sombre 
Inexorablement 
dans les profondeurs d'abysses 
Attiré jusqu'au vertige vers les milliards d'univers
Qui jonchent mon dessus
Au dessus de ma tête 
En dessous de mes pieds
Ces millards de milliards de milliards de milliards 
D'étoiles uniques
Puantes
Toutes pareilles cependant 
A mon unique dent
Celle qui sert à tout 
A te mordre et à te manger
Misérable....
Tu m'auras tué. 


Sans sens

Ça-y-est ... Ça me reprend... Ce vieux spleen que je croyais enfoui... Huuum.. S'extirpe... Au lever du soleil 
Ahhhhh qu'il est bon de se sentir enfin soi-même !
Le démon qui me rongeait jadis a repris sa place sur mes épaules ..
"Sale vieux singe bouffeur d'organes" il me tend un biscuit d'éternité 
Pour apaiser ma faim-massacre en mille voluptés
Je le vois il porte le nom de l'Envie
Péché mortel jamais assouvi 
Il râle à mon oreille les mots que j'écris 
Toi qui es si belle ... Pourquoi est-tu si loin de moi partie. D'échec en échec je déplace la Dame. En avant, en arrière, ou bien en diagonale 
Allez, va ! J'ai bien assez vécu. 
Pourquoi me tournes-tu vers la nourriture ?
Moi qui, à l'intérieur, ne suis que pourriture. 
Pourquoi pousses-tu vers moi l'assiette bonne 
Qui donne des forces à l'honnête homme
Sans qu'il s'en trouve raidi,
Par l'Envie
Sur son épaule 
Accroupie 
Mais enfin ! Un enfant trouverait la solution !!
Il n'y a dans cette vie nulle place pour la passion
Fruit érotique aux entrailles acides
Douloureux à croquer il n'est pourtant pas dangereux 
Tu peux y aller, mon frère, celle-là est une femelle 
Je crois personnellement qu'il n'y en a pas de plus BELLE
Et m'en retourne sans aucun espoir ( ah... L'Espoir : quel ennui )
Vers mon indicible, inexorable étant un mot banal, tu l'auras compris...
En retournant vers les les punitions de ma vie
JE N'APPELLERAI JAMAIS CELA LA VIE !!!
Et la Mort, concept inconnu, n'a à mes yeux aucune vertu. 
Je préfère encore rêver
Une cigarette à la main
Flâner dans ma tête 
En fête 
Le matin. 

Fable moderne

Le Stress et l'Emotion

Le Stress et l'Emotion s'étaient donné 
Rendez-vous dans un café 
Le Stress pour l'occasion s'était paré 
Des apanages de la société 
Il avait telle allure qu'on ne pouvait douter 
De son sérieux :

- Travail, vertu et vices enfouis 
- Tonnes de déchets, argent clinquant 
...Il portait les vêtements convenables
De la Mode, rébellion sage que tout un chacun suit pour correspondre en un même point 
Là où est la limite du "bien", là où le mauvais goût s'écarte 
Pour s'installer un peu plus loin 
Pour s'écarter encore...
Et cætera...

Le Stress était, comme toujours, en retard et son discours
était sérieux et cependant 
On y trouvait des choses étranges
Pour lui le temps, omniprésent 
Pouvait se perdre, il en avait très peur
Ses yeux paniqués cherchaient l'heure. 
Étrangement, la sienne était fuyante et pouvait passer
Sans qu'on s'en rende compte...

Il faisait cas de politique, de son emploi de ce à quoi il était utilisé 

Il était fier d'avoir un maître 

Ne songeant à se révolter 
Que dans des urnes appropriées 
Pour qu'un maître, plus haut encore
Mette tous les autres d'accord. 
Il vaquait à des affaires sérieuses 
La vente de "choses" et de "trucs" lui importaient énormément 
Surtout le cours du "machin" l'inquiétait  
Ah oui, assurément le Stress en imposait. 

En face de lui : l'Emotion
Belle forcément et forcément tentatrice 
Ses formes lourdes étaient accueillantes 
On s'y sentait libre de vivre une nouvelle vie, renaître d'une nouvelle jeunesse
Elle était le gage que jamais le bonheur ne cesse
Sans maquillage elle avait des couleurs naturelles qui pouvaient être si fortes et si intenses 
Qu'elles pouvaient dérégler les sens
Son parfum, surtout, était lourd. 
Il sentait fort le calme sourd
Le même  que l'on entend cogner 
À la poitrine des corps aimés 
Elle inspirait par la paresse
Et expirait par la curiosité 
Assurément elle était volupté 
Et montait fort à la tête 
L'émotion était une fête 
Dont la fin touchait l'éternité 

Le stress la regarda et tomba amoureux
Mais elle lui dit:" si tu me veux
Il te faudra rester encore 
Oublier ton monde 
Oublier...
Viens...respire contre mon sein
Ce parfum terrifiant et magnifique 
Qui désormais sera ta nourriture 
Et le gage que tu me sois soumis. "

Il perdit un instant connaissance,
Vécu en une seconde des vies intenses 
Puis, quand il eut fini,
Il se rhabilla et parti. 

Laissant sur la commode 
Un peu d'argent...


  


La Panse


La poussière recouvre d'un nuage opaque,
En un vent tournoyant,
Les idées disparues
Que je cherche à retenir...

Djinns, créatures mythologiques,
Défient la logique 
D'une vie perdue 

Et ici, dans ce désert,
Je révise en silence 
Les coups de cimeterre 
Qui m'ouvrent la panse
Je parle des souvenirs, bien-sûr,
Vous l'aurez compris 

Pourquoi le passé semble-t'il si beau
À l'orgueil blessé 
D'un ancien damoiseau 
Dépecé 
Par de noirs corbeaux.

Le cadavre git, face contre terre
Et trouve encore la force
De souffrir un peu...

Les coups de becs se font intenses
Quand ils pénètrent ma panse
Est-ce un cauchemar ? Non tout est vrai :
Je n'ai pas encore trépassé. 

Cette psychotique à la peau mangée par la gale
Me disait 
"Tu m'intéresses..."

Il est des choses qu'on oublie, il est des choses qui restent
Mais jamais je n'ai osé répondre 
Aux poules sales, qui ont des œufs plein le ventre
Et qui attendent, la panse offerte,
Qu'on les féconde. 

La vie est définitivement ennemie de la mort
Son inverse exécrable 
Qui pose sur la table
Des organes encore fumants
Qui meurent, lentement... 


À Allan Turing

Quand on est faible 
Par la force des choses
Jusque dans la mort
J'adore 

Cette violence qui me prend à la gorge
Frappant jusqu'aux larmes humides
Sans rien ?

Oh si la rage a un sens ...
Ne vois-tu pas ce que font les hommes
À d'autres hommes ?
Et je ne parle pas de l'amour...

Ta petite haine imbécile 
Tu la tiens entre tes jambes, monsieur 
Puis-je prendre la parole ?
M'accorderez-vous un instant ?
Pour dénoncer 
Pour tenter
D'expliquer 
L'inexcusable ....
Velléité des hommes
À tondre la crinière du Lion
Celui-là même qui ne peut tenir au ciel 
Que par les cheveux...

Vas-tu lui couper ce qui fait mal ?
À ce désormais misérable animal ?
Lui qui ne connu point la gloire ?
Que vas-tu rajouter à son histoire ?

J'attends ta réponse avec la sérénité
Des condamnés 
Celle que, d'une main, tu tiens, au creux de ta main, dans ta main
Inspiré par de noirs desseins. 

Maintenant ! Viens !
Misérable... Misérable histoire ...
Viens t'étendre comme la pute fatiguée 
De tes jouissances autorisées
Viens le faire. Viens tuer. 
Ce qui reste de ce qui te fait si peur
Que tu déchaînas sur moi
Ta fureur...





........

J'aime Dieu, je l'aime 
Il me donne du tranxène
Pour évoluer sans redondance
Dans la danse des humains 
Crétins  

J'aime le roi, je le considère 
J'aime les retours en arrière 
Sans ça je n'aurais pas le tournis
Pas la vie

J'aime mon chien, il est bien
Pourtant il est petit
Tout petit
Gentil

J'aime bien ceux qui m'entourent 
Ils sont bizarres avec moi
Ils veulent aller bien
Quand je vais pas

J'aime regarder par la fenêtre de ma maison 
C'est une étrange télévision 
J'aime bien mes chaînes 
Zap

Je suis enfermé tout le jour
Mais je m'envole la nuit
Pour
Des galaxies

Je crois que la mort est un sommeil profond
Peuplé de rêves agréables
Ou de cauchemars
C'est selon

Il n'y a pas de vie après la mort
Ce serait triste comme sort
Moi
Ce que j'en dis

Tout le monde s'en fout. 
Et c'est vraiment pas un problème 
Je les aime pas vraiment 
Tous ces gens 
Transparents. 
Fragiles
Comme du verre
Éparpillés par terre. 



Dans la boue du souvenir

Dans la boue du souvenir 
Opaque, 
Se rythme la trinité 
Sainte
Seul. Dans ces souvenirs qui n'appartiennent,
Qu'à moi
Dans la glu du présent. Mou. 
Je ne me tiens plus. 
Debout. 
Je me souviens quand je me débattais dans les débuts. 
C'était bien. 
Existant. 
Maintenant que s'allongent les nuits sur les jours. 
J'ai du mal à me rappeler ces moments. 
C'est lent. 
C'est lourd. 
C'est pas comme la joie du laboratoire. 
Une bien médiocre histoire. 
L'exigence des anciens atours.
N'a plus lieu. Regarde. La basse-cour
A avancé aujourd'hui. 
Jusqu'à ma fenêtre. 
La seule chose que je regarde. 
Parce que c'est dehors. 
Mais ce n'est pas dangereux. 
Oh non ! Je suis un jouet pratique. 
Il suffirait de me ranger mais je suis esthétique. 
C'est pas moi qui vais déranger. 
Tout ce qui est. Si bien organisé. 
Cactus tu m'as envenimé. 
Et je fais de belles crises d'espèces de cris. Pourquoi ce criquet croutonne t'il la soupe du miasme 
De mon cerveau dénutri. 
Je n'en sais rien. Certains n'ont que la Vie. 
Moi je suis désormais d'yeux cassés 
A ma face de voyou rangé 
Viennent mourir d'horreur 
Les enfants bornés... 

Bile noire


Moi  aussi...
Je veux mourir entre tes bras
Nus
Faire un festin d'un délicieux trépas 

Écrire ce n'est pas vivre,
C'est espérer en toi
Je fais ça simplement 
Pour que tu t'inquiètes de moi

Toi, tu t'en moques, tu vis une vie vide
Et tu t'en satisfais 
Mais moi je sais que tu ne veux
Pas rompre une corde depuis longtemps usée 

Je sais ! Je sais ! Mais que sais-je à la fin ?
Peut-être ton ennui mortel
Ta petite vie d'ennui te convient-elle...

Je suis déçu tu sais, j'attends tellement de choses
Qui ne sont pas banales, qui sont de celles qu'on ose
Et toi tu fais semblant, semblant de m'ignorer 
Mais je sais qu'en dedans tu as peur des flammes

Ces flammes de dragon qui font de moi Saint-Georges 
Terrassé par toi au lieu de te raser
Les mûres même perdent leur goût amer
Quand je pense aux transports que toi seule...

Toi seule, tu nous refuse...

Mais pourquoi 
Celui qui trouvera la réponse 
A cette question : ce simple mot : " pourquoi " , dénué de sens
Quand il n'est pas accompagné 
D'une définition 
Que toi seule peut me donner

Le sens de ma vie dépendra de ton doigt
L'Est, l'Ouest, peu importe, il montrera
La direction que nous emprunterons 
Quand tu auras choisi, qu'importe, je te suivrai.

Un seul frôlement de ton doigt sur le verre
Pourrait changer en un clic l'univers 
Je sais que tu le peux, que tu voudrais le faire
Monotonie s'en irait, brisant les vents contraires 

Clic, clic, un petit son banal
De ton doigt réchaufferait l'hiver boréal
Dans lequel, plongé, mon cœur ignifugé
Refroidi tellement qu'il pourrait se briser

Les grands poètes sont de grands amoureux
Mais ce sont leurs victimes qui les anéantissent 
Et cette sublime icône, de vertu et de vices
Tu connais son prénom,
 c'est le tien...


L'homme

L'homme qui  court dans sa tête n'a pas le cœur joyeux
Il bondit, il s'angoisse et pense trop à la mort
Il se trompe, réfléchi et change aussitôt de bord
L'homme qui court dans sa tête s'étonne de n'être point mort

L'homme qui court dans sa tête aimerait être le plus fort
Perfection, domination sont ses seuls ressorts
Jamais il n'est convaincu d'être l'éternel vainqueur 
Des méchants, insolents, vilains bourreaux des cœurs 

L'homme qui court dans sa tête n'ira pas bien loin
Sa loi est régie par l'éternel refrain
D'aller toujours plus vite, plus haut, pas moins...
L'homme qui court dans sa tête n'ira pas au festin
Des hommes libres et normaux qui courent tout comme lui
Et qui trouvent le repos dans l'administration 
Dans leurs lits ikeas remplissant leurs missions 
Missionnaires de l'amour ils sont au goût du jour
L'homme qui court dans sa tête est bien malheureux 
De n'être point comme eux...

Il crée subitement, surpris lui-même de cette facilité 
Qu'il a de faire les têtes s'interroger 
Inquiètes pour lui mais pourtant fascinées
L'homme qui court dans sa tête est souvent honoré 

L'homme qui court dans sa tête est chargé 
Du lourd fardeau d'un corps qu'il ne peut pas aimer
Car trop lourd pour seulement monter un escalier
Il emprisonne un esprit qui voudrait s'envoler 

L'homme qui court dans sa tête est déjà essoufflé 
Son esprit papillon ne cesse de se cogner
Sur les parois molles de surcharge pondérale 
Pondéré, non, jamais et jusqu'au dernier râle 

Le jour où la mort viendra le chercher
L'homme qui court dans sa tête sera bien enjoué 
De voir enfin se taire le hurlement sidéral 
De l'esprit papillon libéré vers l'univers normal


Taisez-vous avant la chute...


Quand je sais comme j'ai souffert
Plus que la mort calme, ma vie était fureur immobile
Personne ne le sait. Personne ne veut le voir
Jamais, pourtant, je ne perdis
l'espoir. 
Et je m'en suis sorti
Je suis le héros dont on ignore
Qu'il a tutoyé l'ombre
Celui qui crache sa gloire
Sur ceux qui ne voulaient pas l'aider 
Se mettre en valeur est facile
Connaître la sienne propre,
Est une autre affaire.
Oui mes ennemis vous auriez dû vous réjouir 
Au bon moment car maintenant je suis fort. 
Vous étiez jaloux
Que vous aviez tort...
Maintenant c'est moi le vainqueur
J'ai acquis des médailles inouïes 
Aux batailles de ma vie
Ivre de vengeance, votre jalousie n'a plus de limites
Mais laissez moi vous dire
Que maintenant
Elle est justifiée 
AMEN
Je le proclame, Dieu existe, je l'ai rencontré 
Il a sauvé mon âme damnée 
De l'enfer
Maintenant je ne crains plus Lucifer
Sur des milliers d'archanges ailés 
Je monte déjà une armée 
Soldats du diable, humains qui croyez croire
Pensez-vous que l'on devient chaman 
En essayant de forcer le coffre des Secrets ?
Rangez vos drogues, vous n'y êtes pas du tout
La vie a un sens, il va du bas vers le haut !
Vous voulez vous moquer, je ne crains rien de vous 
Dieu m'a tout donné, j'ai senti sa présence 
Il a choisi les siens 
Vous en êtes si loin
Petits
Le Soleil recouvre ma tête parce-que je le respecte
Il ne se donnera pas à vous
Il n'est pas si facile...
Craignez la colère de Dieu, elle est terrible !!
Sur vos petites têtes assoiffées de pouvoir
Elle écrasera facilement la fureur de Sa gloire
Et vous serez toujours 
De simples êtres qui, n'ayant pas visité les Enfers
Vaquent, idiots, et vivent à l'envers. 
Du haut vers le bas...
Mais rassurez-vous, 
ne vous alarmez pas
Votre chute ne sera pas bien vertigineuse 
Dans ce cas... 




Trip trappe


Les avions font ce qu'ils peuvent
Bloquant les embouchures des fleuves
Les astéroïdes s'effacent devant des murs
De glace

Et pourtant que la jeunesse est belle
Une fois enfuie
Triste tourterelle 
Sur le parvis 
De l'ennui. 

Alors bien sûr on ne fait que se plaindre
Loin du feu c'est le moment de geindre
Plaignant ! Levez-vous ! C'est l'heure de la prière ...
On détestera vos mères
Là-bas, en prison

Mais vous avez mille fois raison monsieur le procureur 
J'ai du commette quelque erreur
En me foutant du jugement de Dieu 
En le traitant de mort
En me prenant les deux
Cornes
D'abondance elles créent la discorde 
Que voulez-vous.... Elle fait des envieux

J'ai péché monseigneur mais la pêche était mauvaise 
L'eau était boueuse, les poissons pas très à l'aise 
Mais quoi ! N'est-ce pas à moi de les nourrir 
Ces pourritures sont meilleures 
Autant les voir fleurir 

Merde à Dieu merde à tout
Merde à toi qui m'accompagne 
Et à qui je laisse mon pagne
Pour courir nu, la honte au bas du ventre

Tu n'as pas l'air bien. Est-ce moi qui te fais peur ?
Pourtant j'aime tout ce qui se réfère à l'horreur 
Des camps, comme d'habitude ou bien d'une vie plus rude 
Fürher de vivre tu inspira du monde
Au bruit martial de tes bottes immondes
Et pourtant tu inspira Dalì
Lui était comme toi impuissant au lit

Nous sommes tous honteux non pas de notre collaboration 
Mais de ce qui nous empêche d'honorer les femelles 
Chaque homme se croit inférieur à un autre homme 
Et la pyramide est large à la base

Qu'importe ! La musique creuse le ciel
Mon casque déchire mes oreilles 
Écoute-ça, c'est trop bien c'est trop cool !!!!!
Je suis sûr que tu ne connais pas.....
Ça me fait sentir supérieur à toi 

Je sers à quoi? Dis moi.
Personne ne se retourne dans sa tombe
Ce sont nous qui tombons
Dans le délectable Con
Lol :-)))
Tu comprends ?.......


Les mauvais mots


Les mots de gorge infects qui bouchent mes oreilles 
Trop nombreux, trop nombreux à mon cœur arrêtés 
Si bêtes et si têtus comme un âne bâté 
Vont et viennent et s'allongent dénués de merveilles...

Les mots, les mots immondes dansent la folle ronde,
Des rongeurs les rongent à s'en exaspérer 
Et moi je m'exaspère en mon cœur empêtré
Parce-qu'il n'y a personne à ma porte fermée 

Parlons-en de cette porte, il faut crever l'abcès 
Ce faciès irritant qui m'allonge si minable
Oh je suis en colère, oh je suis enragé !!
Voyant ma muse éteinte dans cette obscurité 

Alors, bien sûr, vous êtes, et jamais ne cesserez
D'arriver par centaines tels des soldats d'armées 
Et soulèverez le monde déjà bien trop dressé 
Sur des ergots fragiles qui font votre fierté 

Mots de lames, pénétrez !!
Je suis prêt pour le duel même contre des milliers
Rien ne s'arrêtera, à mon cœur arrêté 
Et vous aurez mon âme et vous la mangerez

Et vous êtes si minables...
Que vous la vomirez...

2014


La Terre est là, nous sommes parmi les êtres
Las d'être
Les satellites tournent autour de nos têtes 
Et nous, nous mangeons les bêtes.

Et les satellites tournent autour de nos têtes 
Nous marions nos filles dans de grandes fêtes 
Foraines, elles se scarifient le visage
Dans des hôpitaux pour jeunes filles pas très sages

Les satellites tournent autour de nos têtes. 
La face du bouc transmet la haine maladive
De l'homme, malade jusqu'à en crever
De honte ou bien de trop de respect. 

Les chefs décident, c'est nous qui lavons
Décidés à laver leurs affres
Fronts des nations
Affreux et délicieusement cons

Les satellites tournent autour de nos têtes 
Nous les suivons, à nous tordre le cou
Ils fonctionnent, fonctionnent- ils grâce à nous ?
Leurs rires saccagent nos ventres mous. 

Mais les satellites tournent autour du monstre à deux têtes 
J'en connais qui rient j'en connais qui pleurent
Mais crois moi, lecteur,
C'est amusant de rire en même temps que l'on pleure

Alors on tue, on crie, on aime
La nuit est longue, jalonnée de journées 
Flashes de lumière pétris d'obscurité
Au fond du couloir, une étrange trinité
Qui est loin d'être celle dont on m'a parlé
Alors on frappe à deux mains sur les murs
Le temps s'arrête à nos montres cassées 
Donnant un peu l'idée d'éternité
Rongeant nos poings dans nos poches crevées 

Même si l'on ne sait pas pourquoi
Les satellites ne s'écrasent finalement pas…

Assis

Assis sur un banc, je vois les montagnes. 
Elles n'avancent pas mais les nuages si. 
L'avancée des nuages, s'imprime dans ma vie. 
Ma vie qui avance, immobile aussi. 
Assis sur un banc, comme le temps est mort. 
Le temps est clément, méchant est mon sort. 
Et pourtant j'aime ça, ce temps qui m'endort. 
La vie est comme ça, le temps me dévore. 
Au clair de leurs lunes ces soldats qu'on décore
Pour leur bravoure, de n'être point morts. 
Ont-ils mérité ? Que les hommes sont forts. 
Ne jamais pleurer, me dit-on encore. 
Un garçon est né, un homme en est mort. 
Interdit de pleurer, il avoue alors. 
Être libéré, sur son lit de mort. 
Car ceux qui l'entourent, pleurent ces larmes fausses. 
Qui le soulagent lui, si près de la fosse. 
Car des larmes vraies, par lui retenues. 
N'ont jamais vécu.  


Sagesse

Il y a d'abord l'enfance,
Âge de la fragilité.
Il y a ensuite l'adolescence,
Âge de la violence. 
Il y a la maturité 
Âge de la force. 
Puis vient l'âge béni de la sagesse, où l'on se détache de ce que l'on aimait ou détestait. 
Alors l'âme est pure et n'a plus besoin du corps...


Au bout d'une corde !!

Putain que la vie est triste tu vois 
La violence doit être totalement maîtrisée 
Et moi qui aurait tant aimé assassiner 
Je n'ai su que me plier, en deux, oui comme ça 
Après le coup de pied dans les couilles
D'une femme que je n'aime pas : je n'ai pas le courage d'être sodomite
Personne ne m'entend hurler à en crever tous les tympans 
Ma voix est celle du doigt qui te griffe l'anus
Jusqu'au sang, petit enfant....
Oh dieu, ce que ça me dit de te rejoindre, là, tout de suite 
Pour te casser la gueule 
Et enculer la vierge Marie 
Puis sombrer en enfer
Mais jamais redémarrer la vie, oh non !
Oh non....
Je la connais trop la vieille blague 
Je ne ferai plus d'efforts. Mais j'en ai fait, tu sais...j'en ai trop fait 
Je suis venu te dire adieu 
On ne se reverra plus 
Tu veux souffrir devant moi
Pourquoi ? 
Mais c'est ma liberté que je prends là
À me faire planter des seringues de tranxene 
Dans le cul, pas de quoi être fier 
Ça a moins de gueule que d'être junkie
Tant mieux : je pars en mocheté 
Mes WC sont mouchetés 
De ce que je peux produire de mieux 
Je ne me lave plus 
Je suis le clochard riche
Le chien triste
Qui se laisse aller....
Flaques de pisses mélangées à du sang infecté 
J'attend le cancer, je ne me soignerai pas
Je marche sur des clous, ils me rentrent bien dans les pieds noirs de crasse
Et ça s'infecte
Le pus est le sperme du condamné 
Et moi, je suis mort demain 
C'est déjà trop loin...

Animuse

Bien debout, sans rêver de ces singes qui rangent grâce au clavier des idées par moi pas du tout inventées. 
Pourtant...
Il est des îles que je connais,
Des lochs.
Et qui meurent en ayant au préalable 
Mangé leurs cerveaux
Pourquoi se retenir de demander un numéro 
Quand c'est le pantin qui porte la calotte ? Alors, tout est permis...
Non ?...
Fraîche liberté tu sors de mes narines. 
Pour la dernière fois j'ai mal à toi
Après tu me laisse
Et on reparlera de tout ça
Dans un prochain rêve. Tu vois ?
Je n'ai plus du tout envie de toi. 
Tu me révulse et l'indifférence 
Est encore un sentiment trop positif. 
Te concernant
L'amour est une idée parce-que l'on m'a appris que "chose " est un mot à bannir. 
Souvenance de l'école et du papier
Blanc
Une copie non souillée par les inepties 
Que l'on tentait de faire pénétrer 
Dans une tête têtue 
Fermée ...
C'est la fête du jour
Pour ceux qui ne savent pas que les plus beaux secrets 
S'ouvrent pendant la nuit
Tels des lotus
Leur parfum trouble l'esprit et c'est ça qui est beau, tu sais...
J'ai vraiment fait ce que j'ai pu
Pour perdre
Les pédales 
Seul
Et
...
Toi tu parles trop. 


Amour

Quand tes seins ont surgi je n'avais que seize ans. 
Seize ans toi aussi tu devenais vraie femme
entre tes mains de femme je n'étais plus enfant. 

Tu étais interne et longtemps on s'écrivit 
J'ai détruit toutes tes lettres, enragé que je fus
Le jour où je reçu la dernière...

Je ne les ai pas brûlées, non...
Ce sont elles qui me brûlent aujourd'hui de ne les avoir point gardées. 

L'adolescence n'est pas seule regrettée, quand on a atteint l'âge vieux de s'attacher aux objets.

Tout était nouveau... 
Tout est déjà fini. 

Notre amour était trop jeune pour être pris au sérieux. 
Par les grands, usés par leurs vies tristes

Que la notre était belle en ces temps de nouveautés
Le maître mot était l'ivresse
Dans le train de banlieue qui m'amenait à toi !
Dans nos verres d'alcools nouveaux et jamais assez pleins !
Dans nos transports qui n'ont jamais, oh non étés communs !
Ou alors par la fusion qui nous unissait dans le son
De ta jeune respiration
Contre mon cou...

J'étais soldat de Verdun !! J'allais chercher, la sueur au front, ce qui était mien. Et je revenais, victorieux. Les mains chargées de ces trésors voluptueux 
Que, chevalier, je te remettais.  
Et que tu gardais précieusement dans ce coffre doré
Dont toi et moi, seuls, avions la clef.

Et puis tu es partie, m'aimant encore pourtant.

Les adultes fatigués avaient été plus forts 
Que nos petites morts

Alice, ton nom littéraire était mon seul poème 
Le seul poêle auprès duquel je ne me sentais pas cancre
Le miroir que soudain je brisais
Pour entrer dans un rêve que je jurais immortel !
Jeune...trop jeune... Mais bon sang peut-on être trop jeune !!
Je ne suis pas de ceux qui renoncent à leur folie. 

Le temps a passé
mais sont restées les braises 
dont le vent pur, parfois, ravive le feu.
Oh mon dieu que ce feu m'a de nouveau brûlé
Quand nous nous sommes retrouvés 
Par hasard ? On se plaisait à le croire. 

Mais quand on parle de passion, le temps de parole est court. 

Je me suis montré méchant...

Tu m'a quitté encore,
sans me chatouiller de ta plume : ce temps était ancien désormais.,.

Oh mon Dieu ce texto était vulgaire !!
Je ne pouvais même pas le déchirer... Je ne pouvais rien faire. 
Mes poings ne pouvaient même plus  en froisser le papier. 

Et puis, parce-qu'il y a le destin, toujours. 
Tu as, longtemps après mais tout de même encore,
Voulu de mon corps : une fois. 
Mais, ce jour là, le mien était trop laid le tien était fatigué par tous ces hommes qui...
Certains parlent d'un train. Moi j'y croise une Sainte. 

Il ne s'est rien passé mais te revoir fut bien. 

À soixante-dix ans, si ton destin me croise
Tu auras toujours, à mes yeux purs
Ces jeunes seins là
Qui ont surgit
Le soir de mon premier rendez-vous

Avec Toi. 

Amor

Je ne peux pas me battre, je n'ai plus de muscles. 
Je suis un faible, pas un homme
Je suis un femme
Insulté, mon orgueil de mâle aime à s'acculer 
Oh mûr ! Je le suis, mais où va-t'il ?
Pourquoi la mordre si douce qui se refuse à mes lèvres 
La laideur est mon supplice !
Je manque de vivre 
Et j'ai honte face à Dieu
Dieu contre un, ce n'est pas un combat loyal
Je crée comme on tend un chapeau
Monsieur loyal du chapiteau 
Présente goguenard mon numéro de clown
Et je suis le petit singe, le lapin blanc,
Qui m'emmènent boire la folle fiole
Qui rend petit
Qui rend méchant 
Fumer tue. Tu vois ?
Même la Mort me tutoie !
Elle est si calme, je la désire
Il n'y a rien de plus beau que la Mort
La mère te livre égoïstement le fardeau de la vie
Mais la Mort...
Elle te délivre et dans les livres
Des livres encore parlent de la Mort
Pourquoi lutter quand on est jeune
Et que l'âge veut que l'on déjeune 
Quand le dîner déjà se prépare 
Naissance ou Mort : c'est leurs deux gloires
Ou l'on se pare contre l'un seul
Bien enroulé dans un drap propre
Bien rangé dans cette boîte
Deux nuits : vive la débauche !
Quand on a le courage de la laisser
Nous aimer. 
Alors on n'est plus cette plaie ouverte
On n'est plus rien du tout
On est protégé 
On disparaît 
Car quand on me parle de l'âme, je trouve ça rasoir. 
Ouvrir, quelle veine !
Le tombeau qui n'est plus 
fermé, non...
Une fois 
Pour de bon
On y est
Protégé. 

Loch

Qui se souvient des jours heureux ?
Ébahi d'avoir été si joyeux. 
Quand la bouche choisie se posait sur la notre. 
Que notre bonheur comptait tellement plus,
Que le malheur des autres

Qui se souvient de l'égoïste victoire 
D'un cœur comblé d'instants de gloire. 
Aux yeux du Monde, jeune et aimable. 
Aux yeux aimés, irradié par toute ta beauté. 

Qui se souvient des promenades ?
Des chansons, des guitares, des ballades ?
Des amis, de l'Amour, d'un chien ?
Mort aujourd'hui. De cette époque je regrette tout, même lui. 
Ce chien. 

Chien était le temps, chien était l'amour, chienne fut la vie...
Quand tu partis
M'emprisonnant pour toujours 
Dans la vieille armoire des cœurs usés
Que nos pères nous ont laissée ...

Oh ! Comme je voudrais n'avoir jamais vécu avec toi 
Comme j'aurais voulu ne jamais te mériter !

Un cœur lacéré de coups de fouets
Claque dans ma poitrine plus qu'il ne bat
Ma bouche saigne de tous ces coups
Une dernière question agite mes plaies ouvertes
Balbutiant dans le sang 
une dernière parole, un dernier souffle en sort et implore :

Quand nous serons au Paradis...

Me pardonneras-tu ?

La Sentinelle

Il ne faut surtout surtout pas les déranger, les gens qui dorment !!
Le droit au sommeil c'est le droit à l'oubli 
C'est quand elle est endormie, la sentinelle 
Qu'on la trouve polie
De se taire
Pas faire
De vagues
Morte, enfin morte
Calme aux yeux de la société 
CREVÉS !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

L'hymne à la mort c'est l'envers de l'amour 
Il faut souffrir tout le jour
Et se reposer en toute légalité 
La nuit
Pour mieux recommencer 

Les gens qui dorment ont tous les droits 
La sentinelle c'est moi
Debout 
Quand vous êtes couchés 
Minables
Crevés.....

Moi, la sentinelle je vous hais
La corvée est toujours la même 
Se taire et se plier comme un bambou
À faire comme vous hé bien NON

Je retourne aux souffrances de la lucidité 
Sans faire de bruit
Sans déranger
Et vous...oh vous...
Vous vous en délectez

Dormir c'est bourgeois c'est faire comme on a dit
Même le soldat qui a trop fait sous lui
Passe une mauvaise nuit
Il est un héros de l'indépendance 
Même, je le dis, quand il obéit 
Il n'a pas les mêmes tendances
Que ceux qui dorment dans un lit. 

Pensez à lui
Et puissiez-vous 
Faire 
D'horribles cauchemars 

Bonne nuit.  

Les couilles sur la table

Je hurle dans le désert froid de la nuit
Je hurle et mes cordes vocales se déchirent et saignent. 
Je hurle et personne n'est là pour m'entendre
Je hurle et les autres passent sans me voir
Je hurle et le tunnel est toujours le même
Je hurle et c'est la même répétition 
Je hurle et ce mot même perd son sens
Je hurle à mes cordes vocales désormais déchirées 
Je hurle et le silence se fait
Je hurle et aucun son ne sort de ma bouche 
Je hurle et le silence est absolu
Je hurle au soleil qui se couche, propice au sommeil
Je hurle et me gargarise de mon sang
Je hurle et ne pourrai plus jamais parler
Je hurle et soudain 
Tout se tait
Mais dans mon crâne 
Mille voix continuent de hurler


Le sexe des anges

Le diable m'a enculé et j'ai aimé ça. 
Dieu ne peut qu'aimer et il est triste à mourir 
Le diable, lui, est un transsexuel 
Une transgression 
Un fantasme.....

Il faut le vivre pour le croire 
Mais je vous jure que vous avez tort d'être choqués 
C'est merveilleux de boire à la source
Au sexe du bouc qui donne à aimer la démence 

Oh. Oui. La Démence et son violent plaisir !!!!
Son esthétique inimaginable !!!
Oh, Démence, ne me quitte jamais...
Et continue d'alimenter mes plaies
Elle sont pour toi autant de sexes offerts, ouverts à ton plaisir
Partagé
Crois moi, lecteur libidineux ( mais oui, tu es libidineux....)
Crois moi, lectrice jamais assez assouvie
Il faut chercher dans la Folie !

Ta vie me fait pitié, toi qui cherche le bien 
Au lieu de t'adonner aux mille plaisirs
Des violents élixirs 
De la destruction à laquelle tu es destiné 

Trouve ta Drogue, fais un effort...!!
Tu n'auras, crois moi, jamais tort
De violenter un peu ce qu'on a fait de toi 
Regarde toi : haha, tu es ridicule 
Tu pourrais tellement devenir Toi

Laisse toi aller...

Viens, je t'emmène en Enfer, comme la mère prend son enfant par la main sur le sage chemin de l'école....

Oublie tout




Si pouvais...

Vivre dans un monde de rêves, toucher l'Eternité. 
Armer d'un doigt viril l'homme électrocuté 
Tant de patiences, de vies et tout rater
Entrer dans une danse qui n'a jamais été
Faire d'un feu de paille une gerbe incolore 
Sans savoir, préalable, quel dieu elle adore
Signifier son départ tout seul au point du jour
Et faire de ce départ un éternel retour 
Oh l'Amour, et tout le reste est inutile...
La vérité ne se trouve pas sous d'autres cieux 
Que ces yeux qui transpercent à en faire des envieux 
Mais quel pouvoir est-ce donc, le pouvoir de séduire ?
Si c'est pour à un sexe se réduire 
Je voudrais être un éternel amoureux....

Le frère est né

Pourquoi m'as-tu pris ma vie ?
Comment ça : "qui suis-je pour te parler ainsi "?
Mais je suis ce que tu as voulu, tu m'as fait ainsi...
Pourquoi m'as-tu détruit ?

Je ne suis pas un jouet, si je te lassais il fallait me laisser tranquille partir avec ta bénédiction 

C'aurait été la moindre des choses....
Pourquoi m'as tu détruit ?

Qui suis-je pour te parler ainsi ...

Cette phrase n'as de sens que pour celui 
Qui a mal façonnée mon âme 
Pourquoi souffrir pour te mériter ....

Pourquoi m'as tu jeté ainsi ? 

Sur le bord du chemin, laissé
Un vieux jouet fatigué 
Aimerait croiser le chemin d'un enfant 
Moins gâté...

Soudain je comprends l'esthétique !!!
La Femme qui m'a voulu pour époux 
Fut le dard qui réveille 
Le très sain jus de la treille 
Elle m'a vu, Elle !!

Quand le frère rejette le frère 

Quand la mère rejette le père

Quand l'ami se moque de l'ami

Quand Dieu même te déteste....

Seule une personne humaine qui est née pour souffrir 
Peut alors devenir 
Le frère complice 
Le lien entre le père et la mère 
La distance avec l'ami qui revient 
Et celle qui te recrée 
Meilleur 

Tous les dieux de l'Olympe se sont transformés 
L'un est ma maison, l'autre est mon chien, cette déesse là est ma femme !!
Il y a des gens, des enfants, de la vie !!
Un avenir aussi 
Quelque chose de solide à quoi s'accrocher 
Un morceau de bois flottant devient barque qui rassure, puis galion puissant !!
Gonflant ses voiles à tous les vents...
Il part vers une destination que je connais 
Elle raye mon bras
Elle est tatouée
Je ne souffrirai plus 
Je le sais. 

Je le sais....

Je....

.....

Amours amères

Le malaise est palpable et comme descend la Nuit
La route et longue encor pour l'amant éconduit 
Encastré dans la rage et se rongeant les poings
L'homme erre et pleure et frappe son front insoumis

Il fut un temps, jadis, où son âme était belle
Je parle de l'enfance, de ses joies, de ses ris
Mais ce temps est perdu ! Pour lui à tout jamais
Au chevet du cœur pur de cet être maudit
Les rats auront fini le macabre festin
De son âme malheureuse cherchant l'amour en vain
Il pleure en chemise sous un froid crachin...

Crachat des dieux sur son corps malingre
Sur sa pauvre vareuse que ferment ses mains maigres
Il est transi de pluie, plein de haine, humilié 
Cherchant un paradis, il se voit rejeté...

Toi au cœur endurci refusant de mollir 
Saches que ton héros est cet humain qui souffre
Il fut sur ton chemin et quand tu l'as croisé
Tu ne l'as pas reconnu, tu étais trop pressée...

Une fête infecte

Le poète ne se contente pas, comme la plupart des hommes, d'un seul organe. 
Son esprit comme son corps, et les extensions de ceux-ci 
Sont le siège accueillant de jouissances infinies....
La corolle de la fleur aime être tendrement chatouillée 
Par les ailes rapides de la butineuse acharnée 
Qui répand son suc partout dans la nature 
Fécondant les esprits de la forêt qui l'écoutent en silence 

La beauté, la laideur : quelle importance ?
IL N'Y A PAS DE MAUVAISE EXPÉRIENCE 
Car, pour le poète, tout est existence ...
Ressentir le baiser passionné de la lame du couteau dans la plaie,
Ou bien la douleur des embrassades toutes de larmes mêlées 
Tout pour moi a un sens. Rien n'est gratuit. Rien n'est donné 
Des milliards d'esprits fatigués sont des tournesols anémiés
Abîmant leurs cous à suivre le soleil qui les a brûlés
Le poète ne regarde jamais le soleil 
Ou alors bien en face, les yeux dans les yeux. 
Brûlant les papillons de ses paupières 
Excité par la cécité 
Si tu ne comprends pas ça : cesse d'écouter 
La douleur est le pendant agréable 
De l'équilibre des sentiments instables 

Et je ne suis jamais fatigué....

Comme un être de chair

Du fumier la rose est éclose 
Et sa senteur, à la rosée du matin,
Efface définitivement la puanteur du purin
Être libre fait du bien !

Le calme revient, après la victoire 
D'âpres combats ont fait cette histoire 
Cette histoire que personne ne veut croire 
Et que j'ai pourtant vécue....

La vie ne s'éteint jamais, elle dort c'est tout 
Il est des moments incroyablement doux
Dans la fureur du combat 
Dans l'esprit dérangé 
Dans le cri, dans la plaie
Des moments très longs
Où le bonheur est à l'arrêt
Et le chaos règne en maître...

Il faut planer sur la chaleur 
Des courants ascendants 
Pour ne pas se briser la mâchoire 
Sur la dureté du temps présent 

Il faut nager, flotter, balloter
Dans des eaux de panique 
Où le requin 
Ne fait que montrer son aileron 

Il faut, enfin, faire preuve de sagesse
Dans le maelström géant 
Dont parle Poe, le réaliste 
Sans glisser dans son œil béant 

Personne n'est en mesure de juger ce dont il ignore tout 
La douceur se gagne, elle est impossible à vaincre 
Tant son esprit est entièrement dévoué 
À briser mes chaînes, a jamais.  

Vite !! Qui pleure ?!?

Mille sommeils ont pénétré mon cerveau 
Et maintenant il faut se forcer à écrire 
À cœur mourant rien d'impossible 
Dans l'inévitable bolide des sens

À la vitesse autorisée 
L'ennui est l'ennemi à observer 
Mais c'est à partir du sang multiplié par deux 
Que le corps et l'esprit deviennent amoureux 

En dessous des normales de saison 
Le temps est triste, appelle au suicide
Seule, de la lumière, l'irradiation 
Interpelle les plaisants ganglions 

Qui est tu lobe préfrontal  ?
Un bien sage animal 
Assurément 

Mais j'aime aussi quand l'ennui me pique de son aiguille 
Il agit comme un léger chatouillement 
Et réveille mieux l'esprit endormi 
Que bien des excitants 

À cinq heures de l'après-midi 
Huit heures du soir, ou en pleine nuit
L'espoir s'est nourri de l'esprit 
D'un cortex préfrontal endormi 

C'est alors que le rêve se fait jour
Juste avant 
La nuit 
Tombée ....

La toile et l'araignée

Être au lit depuis des mois 
Pas la force de bouger 
Les drogues ne font plus d'effet 
Il m'en faut plus, je sais 

Comme un vieux naufragé
Dos courbé 
Dos cassé 
Plus d'espoir. Plus envie 

Envie de se shooter
Aux pires narcotiques 
Et pourquoi pas 
J'ai jamais essayé 

Le paradis c'est les beaux rêves 
Le matin est le début 
De l'effort
De porter ce corps 

Pas envie d'aller mieux 
Envie de toujours dormir 
Plus envie de baisers 
Plutôt s'habituer aux griffures 

Partout sur le visage 
La saleté repoussante 
D'une personne négligée 
Négligeable, je le sais 

Plus de respect de moi
Plus envie de guérir 
Si c'est pour rechuter 
Je l'ai déjà vécu 

S'arracher les couilles
Et manger des rognons 
Blancs comme des cachets 
Que j'avale un à un...

Animal triste

Peu de moi
Dans la vie 
Qui s'ennuie 
Mais essaye avec la force des esclaves qui poussent la roue des temps immémoriaux 
Puis retombe
Et fait " flic, floc"
Comme la pluie 
Qui s'arrête 
Et regrette la force avec laquelle elle terrorisait les vivants de ses trombes écrasantes
Et puis rien 
Que des larmes 
Font le bruit 
De la pluie 
Sans orage pour faire naître des cauchemars étranges dans les cerveaux tout neufs des petits enfants terrorisés par les hordes de monstres qui envahissent leurs esprits 
Et la nuit
Lourde et calme 
Les habitudes 
Lentement 
S'installent 
Je suis couché
Près de la femme 
Je lis, j'écris 
Et elle, elle compte 
Les petits pas
La petite vie
Pas très envie 
Tout cet ennui 
Moi je m'endors et la merveille qui se rassemble dans les giclées des neurotransmetteurs liquides de mon cerveau qui tremble de milliers de sommeils plus beaux que toutes les vies valent et dévalent les pentes ( remontantes) de ce sublime esprit qui branche son sexe dans la prise femelle d'un orgasme épileptique que l'on appelle 
Le rêve ........
Post coïtum, animal triste
Petit chimiste 
Grand créateur 


Mort lavis

Traîne sur ma table

En je n'ai plus 

Envie


Fraîche friture

Au bout de ma ligne

Si d'aventure 

Ça mordait


Encrés dans les pores

De ma peau

Mots malsains, dessins absurdes

À la mode


Cigarettes posées 

En équilibre sur la table

Et briquet usé

Sans flamme


Enfant courant 

Banalités 

Échangées 

Au restaurant


Et voilà 

Encore une journée 

De passée  


Je les trouve un peu tendus 

Les gens autour de moi

À contre-courant, en brasse dans la mêlée 

Je ne les suis pas, j'essaye d'en éviter


Ils sont nombreux et je suis seul

Avec un dieu pour me crucifier

Mon sang tâche le linceul

Et il faut continuer de marcher


Ignorance et manque de volonté 

Fait courir ces ventres affamés 

D'objets et de peaux entassés 

Il ne sont jamais rassasiés


Je me souviens. Ça a commencé,

Quand l'argent vint à manquer ....

Un millénaire nouveau venait de naître 

Je me souviens, c'était l'été 

Le jour où j'ai réalisé ....

Personne n'avait jusque-là manqué d'humour 

Ni de légèreté 

Moi-même , aveugle et marchant au désir 

J'étais perdu

J'attendais 

Ma raison défaillait 

Et je me suis alors allongé 

Les ongles accrochés au bitume 

Pour ne pas tomber...


Peine perdue.... Le monstre avait laissé sa trace

Plus rien de serait comme avant

Les enfants ne riaient plus

Ils étaient trop concentrés 

On aurait dû se méfier ....


Alors le millénaire posa sa main pesante

Sur l'humanité étouffée ...

Et moi , délaissant les bacchantes 

Je vis mes cheveux tomber


Parce que tu vins seul au monde

Entouré de sorcières et de sorciers

Un jour de nuit noire et envoûtante 

Par un mystique vaudou, de ce ventre exhumé 

Tu connus les coups, tu connais la guerre

Tu connus la sauvage privation de liberté 


Parce que tu restais nu sous les bombes

Terreur, fatigue, autour de toi la mort tournoyait

Ne pas penser, ne pas pleurer, survivre à tout 

Refusant avec hargne l'ultime rendez-vous 

Jouant aux cartes avec le Diable,

Aux échecs avec la destinée,

Tu es sorti d'entre les morts, tu as recommencé 


Moi j'étais parti loin, et mon esprit torturé 

Par des tourments que je ne puis raconter

Cauchemar de jour

Cellule de nuit

Si près de la Violence 

Si loin de la Vie

Buvant la rage, recrachant la haine. Dégouté 

Sans arrêt délirer, mesurer, détester 

Machine de destruction dénuée d'humanité 

Suicidaire passionné de l'irréalité


Nous étions des frères 

Et j'étais l'aîné 

Il s'agit maintenant 

De le mériter ...



Épargnez-vous le souffle rance

De la souffrance 

Un calme en mer

Est fait de lait frais 


François motterais 

Botte si on la touche 

Petits poignards venins 

Confins


À part la vie, tout va bien 

L'étendard a été projeté 

À perte de vue

Il restera toujours du temps 


Pérou sur le perron de mon ami

C'est un grand opéré 

Obsédé parle, habitude 

Elle est juste un peu rude


Et ça va.... un écureuil sur la joue

Et puis

Du sang

Forcément !!!!!


Le son de Zappa me donne raison 

Il n'y aura plus de progrès 

Son délire est encore bien sage

Face au dedans de mon crâne 


Puisqu'il faut faire des choses 

Je fais des choses 


Mais ne me demandez jamais 

D'être en bonne santé 


Il est des guitares pour tous les âges 

La mienne a des cordes automatiques 

C'est pratique et ça me donne raison 

Les gens sont tellement stupides 


Je vois les choses de très haut 

Ma chute à moi est une montée 

Vers la voie

Lactée 


Toutes ces cordes serviraient à me pendre

Que je les aurais déjà coupées

Admirable ami des anges

Je préfère 

En jouer

Et leurs vibrations calment ma rage

Moi qui n'ai plus droit à la volupté.....



Il faut accepter ce que l'on est

Être maudit n'est pas un drame 

Je joue tous les jours avec mon âme 

C'est un peu comme casser

Un vieux truc électrique 


La liberté n'est pas un chien 

Elle est trop souvent infidèle 

Et le destin s'en moque bien 


Et pourtant elle est belle....


Éclats de rire trop rares 

Et orgasmes subtils

Sont des événements vites oubliés


La puissance de la destruction 

Quoiqu'en disent dieu et ses prophètes 

Achèvera ma mission terrestre 

Et si je peux encore sourire 

Ce sera un rictus narquois 


Je vous conseille

De ne jamais 

Le regarder 


Alarmes, larmes, sortez de mon corps 

Plus que jamais alerte, le cœur arraché 

Jetant dehors mon regard, retournant les paupières 

Tirant la peau fragile, douleur, panique, cimetière...


On vit pour la première fois la souffrance du coeur

Qu'on est rien qu'un puceau : on a peur, comprenez-vous ?

Il n'y a pas de petite mort. Couteau en pleine poitrine 

On subit le sort trouble des hommes malhabiles 


La tête de travers, au bout de la corde qui, comme la police, n'ose même plus tirer

Fracture recassée, jamais réparée 

Le myocarde n'est qu'un muscle idiot

Le tic-tac de l'horloge s'arrêtera bien assez tôt


Et moi, consciencieusement, je mange ma tête .... et tout le reste disparaît pour toujours, tout autour, par amour. 


La chute des corps 


La boîte de vitesse est au point mort

Encore une fois je m'endors 

Les rêves imposent leurs loi

Dans ma cervelle fragile 


Méchantes pensées se glissent dans ma tête 

Sans défense 

Pourquoi Tu me tortures ainsi ?

Quel crime ai-je commis ?


J'en ai marre de Tes lois


En amour on a le choix 

Pas moi

On m'a posé de lourdes chaînes 

Sur lesquelles Ta haine 

Se décharge en hurlant 

Chaque fois qu'une pensée que Tu juges mauvaise 

Étreint mon âme charcutée....


Au début, c'est vrai, je T'aimais...

Maintenant Tu fais peur à voir 

Tes amis sont puissants, certes,

Mais je ne veux plus souffrir...


Adieu, Dieu, d'éminentes puissances gantées de soie

N'ont plus rien à voir avec moi...

Et je préfère emprunter seul

Le chemin qui mène au linceul 


L'âme déjà libre dans un corps immobile !!



Elle est loin. Elle est très loin. 

La main qui réconforte. Le baiser qui fait du bien. 

Doucement. Au creux de l'oreille. L'ASMR. 

Me rappelle ma mère, avant qu'elle devienne cruelle, puis que tout s'arrange. 

Mystère.

Ma mère ?

Je ne sais plus quel faux procès. 

Nous nous sommes fait. 

J'étais coupable de n'être plus un enfant. 

J'étais le monstre. Le cancre. Je n'étais pas comme il faut. 

Aujourd'hui je suis totalement détruit. 

J'attend la mort avec empressement. 

Mais elle met du temps. 

Tout met du temps. 

Lentement...

Radio moi-même sur la bande FM

Est au point mort

Le couteau se retourne vers mon cœur 

Ou du moins de ce qu'il en reste

Il avance lentement 

Et....

Je....

Ne....

Recule....

Pas .


J'ai vraiment besoin de parler

Quel est ce désert plein de gens ?

Ces visages lisses

Qui ne voient ni n'entendent 

La complainte du trop-humain...

Il tient à se maintenir droit

Il le veut. Il le doit....

Pourtant ses genoux tombent vers le centre de la Terre. 

Épuisé il s'effondre 

Comme un cheval crevé

Les yeux bien fixés 

Sur ceux qui l'écrasent de leurs semelles 

Sans remarquer la délicatesse 

De ses chairs

Suppliciées

Il n'a pas envie de mourir....

Il avale les drogues qui le tuent

Fatigué, il en avale encore plus ...

Ne se lève pas, ne se lave plus 

Mort....

Il part pour le pays si proche

De satan, qui l'a vu naître 

Et l'attend, comme un vieux maître ...

Du berceau au caveau il n'aura été 

Qu'un monstre de plus...

Une âme perdue 


Une goutte d'eau est venue me rendre visite 

Plus personne ne s'attache à moi mais....

La goutte est venue, elle. 

Petite chose si puissante dans ma solitude 

Elle souhaitait me montrer son inquiétude 

Ne pouvant pas grand chose, pensait-elle 

Elle m'a ému aux larmes d'être quand même là 

Venue me voir simplement, simplement me voir

Comme inquiète que je me retourne contre la Nature 

Elle est venue, toute nue, de la fraîcheur rosée 

Qui, si l'on sait voir, purifie la pensée...

Elle, si petite et bien impuissante face aux flammes 

Elle a voulu éteindre ma peine brûlante 

Petite chose si présente 

Je ne t'oublierai jamais....


Je veux crever maintenant 

Au crépuscule de mes vingt ans

Me crever le corps à coup de fourchette 

Pouët, Pouët...


J'en ai marre d'écrire des litanies 

Allongé là dans ce lit

Où l'amour trépasse à coup de nuits 

Je m'ennuie 


Quand je pense qu'un bel esprit 

Fut obligé de quitter Paris 

Devenue vilaine ville de pourceaux 

Enrichis


Les autres, eux, se croient magnifiques 

Avec leurs concours

De 

Fric

Assassinez-moi s'il vous plaît 


Je vais vomir de plaisir 

Quand la mort me sera annoncée

Par quelqu'un 

Médecin 


La vie m'a été transmise telle un fardeau 

Parce

Que 

Les lits s'

Agitent de soubresauts 


Ceux là ont dû être bien minables 

Pour que cette vie effroyable 

N'intéresse aucun dieu 

Au creux du pieu


Je vais beaucoup vomir ce soir

Jusqu'à l'extinction de mon cerveau

Magnifique de pureté 

Tel un enfant émasculé 


Fais pas l'idiot toi qui me lit

Il n'y a dans cette litanie 

Que la vie d'un poète 

Prophète péteur de vérités

Assénées 

Pouet, pouet....


Et comme dit Shakespeare aujourd'hui, en bon francais de Paris 

Au volant de sa banale Ferrari 

" vas te faire enculer, connard"


Dans le caniveau 

Au moins

Il y a

Des rats...



J'ai voulu m'arracher l'oreille 

Droite

J'ai voulu scarifier mes bras

Poésie vulgaire aux mots éteints 

En plein dans la gueule j'ai encore été atteint 

Il n'est pas joli ce refrain 

Mais je le joue avec entrain 


Peur de la mort : haha

Amour propre : non mais tu veux rire ? Je ne me laisserais pas juger avec autant de plaisir !

Il s'agit de connaître ses vrais désirs 

Moi c'est la défonce et la mort qui est au bout 

À chaque instant être perdant 

Et trouver ça esthétique 

À défaut d'autre chose....


Je voudrais bander comme un porc

Et me pourlécher d'une femelle professionnelle 

Mais ça coûte cher ces conneries

J'ai fait ça, autrefois, à Paris...

C'est bizarre une pute : on attend toujours d'elle autre chose 

Que ce qu'on est venu chercher...


Moi j'aime la décadence 

J'aime quand c'est pas bien 

J'aime quand tout le monde est déçu 

Par moi


Égo sans trique, je pars à la chasse de la vertu

Mais en fait je ne suis qu'un enfant perdu

Dans la nature, je m'emmerde

Il me faudrait un absolu 

Mais les échelles se font rares

Sur le chemin je suis perdu 

Alors je n'ai plus qu'à plonger


Il n'y a jamais rien eu à espérer 


Comprendre pourquoi l'erreur 

Pardonner aux autres sa propre odeur

Insupportable, jaillissant du coeur. 

Être frappé de stupidité 

Sans cesse renouveler la haine à la rage mélangée

Partir dans la rue, sans but

Ne plus être un prédateur des âmes sensibles 

Renouvellement de son abonnement avec le Seigneur 

Vous recevrez bientôt un mail de confirmation 

Pour vous tout s'arrête ici

Il faut descendre du train malsain 

De ceux qui ne vivent que pour eux-mêmes 

Repliés 

Déployer enfin ses ailes de géant 

Pour surplomber l'océan 

Et y voir plus clair. 

Tout est fini et tout commence 

La vie normale n'est peut-être pas si mal

Qu'attendez-vous monsieur, votre billet est composté....

Il va maintenant falloir cesser de faire souffrir 

Pour offrir 

Du bien à ceux qui m'ont supporté 

Je me rhabille mais n'enfile pas la cape noire

Si il fait froid, un soir, 

Je la ferai brûler....





Toutes les nuits, c'est Toi que j'aime 

Toute les nuits où,

De ce côté ci de la Terre 

Dorment des gens dont ma vie dépend 


Toutes les nuit, je pense au Soleil 

Qui réchauffe ton âme et t'inspire 

Là-bas....

Il m'a quitté et, sous la Lune,

Je me sens coupable car

La Nuit est le temple des maudits serments

Oh ... pourquoi cet amour, qui tous les soirs me prend ?....


Je ne sais que faire de ces rêves éveillés 

Où la froideur de la mort réagit chimiquement 

À la brûlure de mon cœur qui pense


Tomber du haut de son cœur est une sensation intense 

Y remonter est plus dur que remonter le temps